Les PME-ETI et leur financement par les marchés boursiers

juin 24th, 2011 Posted by Actualité juridique boursière 0 thoughts on “Les PME-ETI et leur financement par les marchés boursiers”

L’observatoire du financement des entreprises par le marché, créé par la réunion de place du 25 mars 2010, a rendu son premier rapport annuel. Il permet d’avoir une meilleure connaissance des 574 petites et moyennes entreprises (PME) et entreprises de taille intermédiaire (ETI) cotées en bourse sur les segments du marché qui leur sont dédiés.

Le rapport indique qu’en 2010, le marché financier a financé 61 entreprises pour 1,6 milliards d’euros de capitaux. 24 PME-ETI ont été introduites pour une levée de capitaux de 484 millions d’euros, plus 116 millions d’euros provenant du marché libre et 37 entreprises cotées ont effectué des opérations de financement secondaires pour 1,1 milliard d’euros.

Le marché Alternext est le plus actif avec 20 sociétés (PME-ETI) introduites, dont 12 ont fait l’objet d’offres au public ou de placements privés et 8 proviennent du Marché libre. Le rapport relève que si ces entreprises appartiennent à différents secteurs d’activité, il s’agit souvent de PME innovantes.

Les entreprises cotées à Paris ont résisté à la crise générale puisque leur nombre est resté constant grâce à la reprise des introduction des PME-ETI. Si cette reprise était confirmée, cette tendance montrerait que le financement des entreprises par le marché financier s’inscrit désormais dans une nouvelle perspective.

Naturellement, le taux de pénétration du marché financier dans le financement des PME-ETI demeure marginal rapporté à l’effectif total de ces entreprises.

La stabilité du marché des PME-ETI cotées provient essentiellement de la progression d’Alternext qui enregistre 31 entreprises supplémentaires résultant de 20 introductions, 15 transferts du marché règlementé et 4 retraits du marché.

Si les ETI restent encore majoritaires (66% des entreprises cotées sont des ETI), les PME deviennent de plus en plus nombreuses puisque la pénétration du marché dans le financement des ETI ne progresse plus.

Le rapport fait également état d’une diminution du taux de sortie du marché qui repasse sous le seuil de 3%. De plus, ces retraits sont le résultat en grande majorité de fusions et acquisitions, ce qui témoigne de la valeur industrielle de ces entreprises.

Le marché Alternext a été le premier marché à retrouver la croissance, même s’il ne capte que 10% des capitaux investis en bourse. Il prend le pas sur le marché règlementé essentiellement avec les nouvelles cotations de PME, bénéficiant d’un triple avantage: un seuil minimum de capitaux levés pour l’introduction (2,5 millions d’euros), la possibilité de s’introduire par offre au public ou par placement privé et l’allègement de sa règlementation comptable et informative.

Ainsi, l’attrait des PME pour le marché financier, s’il est confirmé, entraine des adaptations de l’industrie financière au plan tarifaire et des services. Le rapport considère que les coûts d’accès au marché et de cotation doivent demeurer dans une proportion raisonnable avec les capitaux levés qui sont, pour cette catégorie d’entreprises, de faible montant.

Le rapport relève également que la contribution du marché financier, même si elle supporte la comparaison, demeure inférieure à celle du capital investissement.

S’agissant des introductions par offre au public sur Alternext, la part souscrite par les personnes physiques a doublé (atteignant 11% des capitaux levés par les entreprises pour les compartiments B et C contre 27% pour les souscripteurs sur Alternext), les grands investisseurs étant restés concentrés sur les levées importantes de capitaux. Les personnes physiques sont les principaux souscripteurs des introductions sur Alternext compte tenu de leur souscription directe (27%) et de celle des FIP-FCPI (19%).

Cette répartition n’est pas sans conséquence sur la liquidité du marché puisque la loi du marché désavantage les marchés financiers PME-ETI, ces entreprises ont par nature une petite capitalisation dont la part échangeable en bourse est souvent limitée, compte tenu des besoins financiers et de la détention du capital fréquemment familiale. Leur liquidité apparaît donc limitée.

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